13 février 2019

10h15 – mercredi. Je suis en retard, mais c’est le temps qu’il m’a fallu pour que mes pensées redeviennent gazeuses. J’ai bûché. Pris des notes sur le Berlin des années 30 pour La Vitamine D. C’est dans cette ambiance au bord du précipice que commencera le livre. J’ai ensuite pris ma dose de Steinbeck. Cela m’aide à revoir les paysages du Midwest, reconnaître l’éclairage, la peau des gens. Quand mes deux mille mots seront posés, j’irais chez le coiffeur pour prendre le rendez-vous pour L. Elle veut sauter le pas et couper très court ses cheveux. Je l’observe depuis un moment maintenant et elle m’aide beaucoup à comprendre ce qui se passe dans le corps, le cœur et la tête des filles quand elles deviennent femmes. Elle veut rester un ange. Sans sexe. J’apprends d’elle. Hier soir, j’ai finalement bûché jusqu’à minuit. Pas écrit, mais repris le texte en entier. Il a maintenant une plus grande unité. On voit bien que le langage du départ se resserre et ment moins. Beaucoup réfléchi aussi sur la suite. Il y a assez d’éléments dedans pour que je puisse entrevoir la suite. Il sera plus long que prévu, je le crains, et s’articulera autour de quatre évènements. Il faut que je termine les deux premiers pour la fin du printemps. Le deuil sera pour l’été. La dernière partie pour l’automne. Ai commencé à écrire une note d’intention pour les bourses. Ça me fait réfléchir au livre, c’est donc intéressant. Il faut que j’en obtienne au moins une. Sinon…

Viens de terminer les deux mille mots du jour. Journée difficile. J’espère que cela ne s’en ressent pas trop dans le texte. Je n’arrête pas de penser à une question de P. Qu’est-ce qui différencie un roman d’une séance chez le psy ? Sur le moment, la réponse est venue d’elle-même, mais à présent que je travaille sur la matière de mes souvenirs, tout cela devient moins évident. Il y certainement une dimension thérapeutique au récit et il y a des jours comme aujourd’hui où chaque mot me fait si mal que je ne suis plus sûr de la valeur littéraire du procédé. Mais cela reste un roman. Ne doit être que cela. Peut-être mes états d’âmes du jour ne veulent que souligner que je me rapproche de la ligne de tension entre mensonge et vérité que je veux atteindre. Quand je relirai le travail du jour, peut-être tout cela sera plus clair. Temps d’endosser mon rôle de maman et de tailler un arbre.

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