La langue française et ses effets mentaux intrinsèques ou comment l’Académie française m’a spoliée

IMG_0470.JPG

Tandis que je tartine les tartines pour l’école, ne va-t’y pas (expression berrichonne, à tort, trop peu usitée) que la France Inter suspend mon geste avec cette annonce fracassante : L’ACADÉMIE FRANÇAISE SE RÉSOUT À LA FÉMINISATION DES NOMS DE MÉTIERS.

Continuer à lire … « La langue française et ses effets mentaux intrinsèques ou comment l’Académie française m’a spoliée »

Le 8 mars 2019 sortez les trompettes!

capture d_écran 2019-01-24 à 22.33.43Ou sortez les fanions et les trompettes ! Le 8 mars devient dès cette année un jour férié à Berlin. J’entends déjà les empêcheurs de se réjouir nous dire, « mais il y a quoi le 8 mars ? ». Ou les initiés : « enfin, est-ce vraiment une bonne chose ? À ce rythme on va avoir le jour férié des gilets jaunes (#giletsjaunes), des bonnets rouges (#bonnetsrouges) et des t-shirts rayés (#tshirtrayés). Mais quoi ? Un petit #metoo sur Twitter et Instagram et la ville perd 160 millions de revenu annuel. Vous êtes sûr que cela en vaut la peine ? » Comme je l’ai dit, c’est la réponse des initiés.

Continuer à lire … « Le 8 mars 2019 sortez les trompettes! »

Post scriptum : The Hite report

51W1hnyjk6L._SX345_BO1,204,203,200_L’année de ma naissance sortit une étude qui aurait dû dévier la marche du monde. Si vous avez plus de 60 ans, ces noms ne vous seront pas inconnus : Shere Hite et son rapport.

Premier travail de cette envergure, cette sociologue récolta pas moins de 100 000 témoignages sur la sexualité des femmes aux États-Unis. Trente millions de lecteurs purent ainsi découvrir que :

1. l’orgasme féminin n’est pas tabou

2. tout comme l’adultère.

Continuer à lire … « Post scriptum : The Hite report »

Einstein, Poe, Hemingway et moi

Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.

Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.

A. Einstein

Je suis dyslexique.

Handicape nommé dans notre famille « tare pour barre ». Un acquis génétique remontant, si on en croit la légende familiale, à de nombreuses générations. Pour faire bref, dyslexique chez nous, cela fait chic, un poil aristo même. Jamais n’est d’ailleurs venu à l’esprit de mon père ou de mes soeurs et moi de nous faire ausculter, diagnostiquer ou au pire de porter des lunettes. On tient cela de la vieille tante.

Continuer à lire … « Einstein, Poe, Hemingway et moi »

Introduction du manuel à l’usage des auteur(e)s

Votre livre n’a jamais tort. C’est le lecteur qui est décérébré s’il n’apprécie pas les ruptures sémantiques, les anacoluthes et autres figures de style dont vous venez d’apprendre le nom et qui à votre avis justifient l’illisibilité post-moderne de l’ensemble.

ecrivain-clavierQuand sait-on qu’on se met vraiment à écrire ? 

Si on m’avait dit qu’en 18 mois j’écrirais trois romans, en publierais un à compte d’éditeur et m’attaquerais au quatrième, j’aurais certainement sorti une boutade comme :

Et dans ton plan de carrière, je dors quand ?

Continuer à lire … « Introduction du manuel à l’usage des auteur(e)s »

J’aurai préféré que nous fassions obscurité ensemble

Hier soir, dans ma boîte aux lettres un oiseau s’est glissé pour me parler d’amour…IMG_7953

C’était la jolie voix un peu rauque aux accents mouillés de l’Est de la France de Claire, mon amie. Petite cachotière. Tandis qu’elle bravait le FN dans son fief d’Hénin-Beaumont et qu’elle donnait corps aux mots du petit Hanush qui attendait son train dans le ghetto de Theresienstadt, quand la nuit était tombée, elle laissait épancher son cœur et écrivait un long poème à l’être aimé, « J’aurai préféré que nous fassions obscurité ensemble ». Et comme elle « ne sait pas parler à la poussière », elle fait de la mort l’essence même du vivant. Tour à tour femme-oiseau, garde-manger, fiancée éternelle, tricheuse émérite, sablier, encre pour la plume, absente, main, forêt, les poèmes s’allongent ou tentent de disparaître au fur et à mesure du temps qui passe du vivre à deux au vivre seul. Continuer à lire … « J’aurai préféré que nous fassions obscurité ensemble »

La voix de l’auteur(e)

Un petit théâtre perché au premier étage d’une ancienne usine réhabilitée en centre

2017-11-13-PHOTO-00000112

culturel. Les gens s’amassent devant le bar associatif, soufflant sur leurs doigts gelés par l’hiver précoce. Pendant ce temps, assise dans le coin gauche des gradins, à côté de la porte d’entrée, j’attends mon tour, paniquée. Ce samedi, j’ai eu le plaisir de lire pour la première fois quelques pages de ma prose. Comme arbitrairement Adult(R) figurait dans le programme, ce sont des extraits de ce livre que j’ai donné à entendre lors d’une scène ouverte organisée par La Ménagerie, l’association du théâtre francophone berlinois. La programmation est variée : stand up, masque, conte musical, chanson française. Et au milieu, un peu de littérature. La salle est pleine de gens faisant la moitié de mon âge, ce qui n’est pas pour me détendre. Continuer à lire … « La voix de l’auteur(e) »