Post scriptum : The Hite report

51W1hnyjk6L._SX345_BO1,204,203,200_L’année de ma naissance sortit une étude qui aurait dû dévier la marche du monde. Si vous avez plus de 60 ans, ces noms ne vous seront pas inconnus : Shere Hite et son rapport.

Premier travail de cette envergure, cette sociologue récolta pas moins de 100 000 témoignages sur la sexualité des femmes aux États-Unis. Trente millions de lecteurs purent ainsi découvrir que :

1. l’orgasme féminin n’est pas tabou

2. tout comme l’adultère.

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Einstein, Poe, Hemingway et moi

Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.

Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.

A. Einstein

Je suis dyslexique.

Handicape nommé dans notre famille « tare pour barre ». Un acquis génétique remontant, si on en croit la légende familiale, à de nombreuses générations. Pour faire bref, dyslexique chez nous, cela fait chic, un poil aristo même. Jamais n’est d’ailleurs venu à l’esprit de mon père ou de mes soeurs et moi de nous faire ausculter, diagnostiquer ou au pire de porter des lunettes. On tient cela de la vieille tante.

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Introduction du manuel à l’usage des auteur(e)s

Votre livre n’a jamais tort. C’est le lecteur qui est décérébré s’il n’apprécie pas les ruptures sémantiques, les anacoluthes et autres figures de style dont vous venez d’apprendre le nom et qui à votre avis justifient l’illisibilité post-moderne de l’ensemble.

ecrivain-clavierQuand sait-on qu’on se met vraiment à écrire ? 

Si on m’avait dit qu’en 18 mois j’écrirais trois romans, en publierais un à compte d’éditeur et m’attaquerais au quatrième, j’aurais certainement sorti une boutade comme :

Et dans ton plan de carrière, je dors quand ?

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J’aurai préféré que nous fassions obscurité ensemble

Hier soir, dans ma boîte aux lettres un oiseau s’est glissé pour me parler d’amour…IMG_7953

C’était la jolie voix un peu rauque aux accents mouillés de l’Est de la France de Claire, mon amie. Petite cachotière. Tandis qu’elle bravait le FN dans son fief d’Hénin-Beaumont et qu’elle donnait corps aux mots du petit Hanush qui attendait son train dans le ghetto de Theresienstadt, quand la nuit était tombée, elle laissait épancher son cœur et écrivait un long poème à l’être aimé, « J’aurai préféré que nous fassions obscurité ensemble ». Et comme elle « ne sait pas parler à la poussière », elle fait de la mort l’essence même du vivant. Tour à tour femme-oiseau, garde-manger, fiancée éternelle, tricheuse émérite, sablier, encre pour la plume, absente, main, forêt, les poèmes s’allongent ou tentent de disparaître au fur et à mesure du temps qui passe du vivre à deux au vivre seul. Continuer à lire … « J’aurai préféré que nous fassions obscurité ensemble »

La voix de l’auteur(e)

Un petit théâtre perché au premier étage d’une ancienne usine réhabilitée en centre

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culturel. Les gens s’amassent devant le bar associatif, soufflant sur leurs doigts gelés par l’hiver précoce. Pendant ce temps, assise dans le coin gauche des gradins, à côté de la porte d’entrée, j’attends mon tour, paniquée. Ce samedi, j’ai eu le plaisir de lire pour la première fois quelques pages de ma prose. Comme arbitrairement Adult(R) figurait dans le programme, ce sont des extraits de ce livre que j’ai donné à entendre lors d’une scène ouverte organisée par La Ménagerie, l’association du théâtre francophone berlinois. La programmation est variée : stand up, masque, conte musical, chanson française. Et au milieu, un peu de littérature. La salle est pleine de gens faisant la moitié de mon âge, ce qui n’est pas pour me détendre. Continuer à lire … « La voix de l’auteur(e) »

#balancetonporc ?

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#balancetonporc #metoo, tout d’abord j’ai pas compris. Et puis, ah oui c’est à cause de ce fameux Weinstein ! Ce fameux, en effet. Célébrité pour un cercle fermé devenue en 1 clique un nom commun, un adjectif et pourquoi pas un verbe : « Arrête de faire ton Weinstein, toi aussi tu as été weinsteinisé, etc. ». Ça, c’était avant que le rayon boucherie s’en mêle. « Balance ton porc » ? J’ai bien lu ? Par souci d’équité, j’ai cherché « balance ta truie », mais ça, j’ai pas trouvé. Et puis, ont déferlé sur ma page les « me too » provenant d’un grand nombre d’amies. C’est plus discret « moi aussi », on hésite, on se dit « et moi ? Est-ce que cela m’est arrivé ? » Alors on remonte en arrière et on réalise que dès la maternelle ça a commencé. Devoir lever sa jupe devant les garçons, voir son joli nom transformé en « belle pine, deux j’touche trois j’tripote » (il faut savoir qu’à l’époque je n’avais encore jamais embrassé un garçon), et puis les études à Lyon où je serai amenée après 15 jours à devoir jeter toutes mes jupes pour ne plus avoir à entendre des réflexions mâles/mal placées, les mains aux fesses des clients dans les restaurants où on bosse l’été, la liste est encore longue. Je m’arrête là. Et je n’écrirai pas « balancetonporc » ou « metoo ».

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Mon kindle et moi

Coming out numérique

Nous avons emménagé ensemble il y a quatre ans. C’est l’Homme qui l’a invité chez nous. Pour dire la vérité, quand j’ai ouvert le paquet, mon kindle, je t’ai détesté et étais furieuse contre l’Homme qui me faisait l’affront de croire qu’entre nous cela pourrait marcher.

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Trente ans que je me casse le dos à porter à bout de bras mes bibliothèques en Amérique, en Suisse, en Allemagne. Une telle abnégation ce n’est pas pour du jour au lendemain dire: et toi, petite chose électronique, moche de surcroît, vient prendre la place de ces milliers de livres qui m’ont toujours rassurée.

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