Le 8 mars 2019 sortez les trompettes!

capture d_écran 2019-01-24 à 22.33.43Ou sortez les fanions et les trompettes ! Le 8 mars devient dès cette année un jour férié à Berlin. J’entends déjà les empêcheurs de se réjouir nous dire, « mais il y a quoi le 8 mars ? ». Ou les initiés : « enfin, est-ce vraiment une bonne chose ? À ce rythme on va avoir le jour férié des gilets jaunes (#giletsjaunes), des bonnets rouges (#bonnetsrouges) et des t-shirts rayés (#tshirtrayés). Mais quoi ? Un petit #metoo sur Twitter et Instagram et la ville perd 160 millions de revenu annuel. Vous êtes sûr que cela en vaut la peine ? » Comme je l’ai dit, c’est la réponse des initiés.

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Post scriptum : The Hite report

51W1hnyjk6L._SX345_BO1,204,203,200_L’année de ma naissance sortit une étude qui aurait dû dévier la marche du monde. Si vous avez plus de 60 ans, ces noms ne vous seront pas inconnus : Shere Hite et son rapport.

Premier travail de cette envergure, cette sociologue récolta pas moins de 100 000 témoignages sur la sexualité des femmes aux États-Unis. Trente millions de lecteurs purent ainsi découvrir que :

1. l’orgasme féminin n’est pas tabou

2. tout comme l’adultère.

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Introduction du manuel à l’usage des auteur(e)s

Votre livre n’a jamais tort. C’est le lecteur qui est décérébré s’il n’apprécie pas les ruptures sémantiques, les anacoluthes et autres figures de style dont vous venez d’apprendre le nom et qui à votre avis justifient l’illisibilité post-moderne de l’ensemble.

ecrivain-clavierQuand sait-on qu’on se met vraiment à écrire ? 

Si on m’avait dit qu’en 18 mois j’écrirais trois romans, en publierais un à compte d’éditeur et m’attaquerais au quatrième, j’aurais certainement sorti une boutade comme :

Et dans ton plan de carrière, je dors quand ?

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La voix de l’auteur(e)

Un petit théâtre perché au premier étage d’une ancienne usine réhabilitée en centre

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culturel. Les gens s’amassent devant le bar associatif, soufflant sur leurs doigts gelés par l’hiver précoce. Pendant ce temps, assise dans le coin gauche des gradins, à côté de la porte d’entrée, j’attends mon tour, paniquée. Ce samedi, j’ai eu le plaisir de lire pour la première fois quelques pages de ma prose. Comme arbitrairement Adult(R) figurait dans le programme, ce sont des extraits de ce livre que j’ai donné à entendre lors d’une scène ouverte organisée par La Ménagerie, l’association du théâtre francophone berlinois. La programmation est variée : stand up, masque, conte musical, chanson française. Et au milieu, un peu de littérature. La salle est pleine de gens faisant la moitié de mon âge, ce qui n’est pas pour me détendre. Continuer à lire … « La voix de l’auteur(e) »

#Frankfurter Buchmesse 2017

frankfurt1Je pars demain pour Francfort avec non pas ma bite et mon couteau, mais avec mon sourire et un stylo. Mais qu’allez-vous faire là-bas ma bonne dame, me direz-vous ? À vrai dire, je n’en sais encore rien. Peut-être pour quitter le temps d’une foire mon isolement berlinois et profiter de ce que la France est l’invité d’honneur pour réseauter un peu. On m’a prévenue : « tu sais Francfort, c’est pour négocier les droits étrangers, tu vas perdre ton temps ». Don’t act. J’y vais quand même. Consciemment, je me dis que je n’aurais pas souvent la chance de croiser ce qui fait le milieu de l’édition française dans mon environnement particulier, c’est-à-dire l’Allemagne. Alors, zou ! Si je ne me jette pas à l’eau, personne ne le fera pour moi.

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Réflexion sur une mère et ses enfants perdus dans les langues…

MargotJe suis maman. De deux enfants. Qui parlent allemand. Nous vivons à Berlin, le papa est d’ici et naturellement c’est à cette langue que les enfants se sont accrochés dès leurs balbutiements. Cette langue je l’ai apprise ici, en vivant ici, en aimant cet homme-là, en devenant maman. Et depuis huit ans, je parle à des enfants en français qui me répondent dans leur langue à elles. Évidemment cela crée de la distance ou ce fameux Befremdung, intraduisible dans la langue de Molière. À côté, donc, du langage et de la maternité.

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VORLESEN ou l’art d’écouter

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« Livre Paris » touche à sa fin, « die Leipziger Buchmesse » bat son plein et qu’est-ce qu’on fait à Berlin ? On s’agglutine dans des salles de concert mythiques pour entendre des poètes, ces « klein Künslter » comme on les appelle ici, une bière vissée à l’avant-bras, serrés comme des sardines sur des bancs en bois.

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